Textes anciens : Rire avec nos ancêtres

Spermatozoide

Ci-contre : spermatozoïde contenant un foetus (Nicolas HARTSOEKER, 1694).

Où Pline explique qu'un enfant naquit treize mois après la mort de son père.

Où Bernardin de St-Pierre explique les marées par la "descente" des glaciers
depuis les pôles par phénomène de pesanteur.

Index alphabétique :

Auteurs :

Thèmes :

Aristote (-384-322)

"La pratique de l'amour hâte la chute des poils qui existent dès la naissance, tandis qu'elle favorise la poussée des poils qui viennent après".

Pline portrait

Pline l'Ancien (23 - 79 ap.J.-C.)

Durée maximale de la grossesse par Pline l'Ancien : "Masurius raconte qu'une mère soutenait avoir donné naissance à un enfant 13 mois après le décès de son mari. Le préteur Papirius réussit à faire valoir les droits de cet enfant contre les prétentions d'un héritier qui contestait cette filiation, en arguant du fait qu'il n'y avait pas de texte officiel fixant la durée maximale de la grossesse."

 

Galien

Galien (2e siècle ap. J.-C.)

Génétique selon Galien :

"Il était une fois, un petit homme laid sur le modèle du bon Esope. Ce petit homme, craignant de devenir le chef d'une postérité aussi disgraciée que lui, fit faire le portrait d'un enfant de taille, de forme et de figure élégantes. Il eut soin de le faire placer dans l'intérieur de son lit, de manière qu'en certaines circonstances les yeux de sa chère moitié pussent se fixer sur lui ; et quand ces circonstances arrivaient, il invitait madame à tenir les yeux ouverts, à considérer attentivement ce tableau, et à se pénétrer de l'idée de sa beauté. Cette dame accoucha d'un enfant parfaitement beau, et qui ressemblait au portrait sur lequel ses regards s'étaient fixés."
Ci-contre, d'après un dessin de Vigneron.

Descartes

Descartes

Les causes qui nous incitent à aimer :

"Lorsque j'étais enfant, j'aimais une fille de mon âge qui était un peu louche ; au moyen de quoi, l'impression qui se faisait par la vue en mon cerveau, quand je regardais ses yeux égarés, se joignait tellement à celle qui s'y faisait aussi pour émouvoir en moi la passion de l'amour, que longtemps après, en voyant des personnes louches, je me sentais plus enclin à les aimer qu'à en aimer d'autres, pour cela seul qu'elles avaient ce défaut, et je ne savais pas cependant que ce fût pour cela."

Premières pensées sur la génération des animaux :

"Le foetus, à cause de la sympathie de ses mouvements avec la mère, produit le pénis en le faisant comme sortir du dos de la mère, c'est-à-dire qu'il prend sa racine du côté du dos de celle-ci, et se termine vers son nombril ; de là il arrive que, si la tête de l'embryon est tournée du côté du nombril de la femme, et les fesses du côté de l'épine du dos, l'enfant est du sexe masculin, et le pénis se produit au dehors ; au contraire, si la tête de l'embryon est tournée du côté de l'épine du dos, et les fesses vers l'abdomen, l'enfant est du sexe féminin ; en effet, le pénis se replie vers le nombril de la mère, et rentre dans l'intérieur de l'embryon. On peut de là inférer par conjecture que si les mâles sont plus ingénieux, c'est que la partie la plus pure de la semence a pu pénétrer plus avant, et que s'ils sont plus robustes, c'est que l'épine du foetus se nourrit près de l'épine de la mère ; enfin, que si les femmes ont les parties postérieures plus développées, c'est qu'étant situées vers l'abdomen de la mère, qui oppose moins de résistance que l'épine du dos, elles trouvent plus de facilité à s'accroître."

Linne

Linné (botaniste, 1707 - 1778)

Lettre de Linné à Lady Anne Monson (Extrait de BLUNT Wilfrid, Linné, le prince des Botanistes, éditions Belin, 1986)

"Je me suis longtemps efforcé d'étouffer une passion impossible à assouvir et qui maintenant éclate...Mais si j'ai le bonheur de découvrir que l'amour que je vous porte est payé de retour, je ne vous demande qu'une faveur : qu'il me soit permis de m'associer avec vous pour procréer une toute petite fille qui portera témoignage de notre amour, une petite "Monsonia" qui perpetuerait éternellement votre nom dans le royaume de Flore." (Les Monsonia sont des plantes Sud-Africaines de la famille des Géraniums.)

Linné : le café castrateur

"L'épouse d'un sultan qui trouvait révoltante la pratique qui consiste à castrer les chevaux, ordonna de remplacer cette opération par l'administration de café. Elle avait constaté l'efficacité de cette boisson sur son propre époux." Pour cette raison le café se nomme aussi "la boisson des eunuques".
(texte de Linné -18e S., extrait de BLUNT Wilfrid, Linné, le prince des Botanistes, Belin, 1986, p.206).

Voltaire

Voltaire (1746) : Coquilles !

"On a trouvé dans les montagnes de la Hesse une pierre qui paraissait porter l'empreinte d'un turbot et sur les Alpes un brochet pétrifié : on en conclut que la mer et les rivières ont coulé tour à tour sur les montagnes. Il était plus naturel de soupçonner que ces poissons apportés par un voyageur, s'étant gâtés, furent jetés et se pétrifèrent dans la suite du temps (...).
Ne pourrait-on pas soutenir cette foule innombrable de pèlerins et de croisés qui porta son argent dans la Terre Sainte, en rapporta des coquilles."

Charles Bonnet

Bonnet (1720 - 1793)

Féconder les animaux avec du pollen selon Charles Bonnet : "Qui sait si la poussière des étamines de certaines plantes, ne pourrait pas faire impression sur certains germes du règne animal ?"

Règles

Sur les règles des femmes,, in Histoire de l'Académie Royale des Sciences, année 1720 (cote BN : R-14789)

"Les femmes étant destinées à porter pendant 9 mois des enfans qui ne peuvent se former, ni se nourrir que du sang qu'elles leur fournissent, il a été nécessaire qu'elles eussent, dans toute l'habitude du corps, plus de sang que n'en ont les hommes, et un certain excès qui pût être employé à cet usage. Il seroit fort naturel de croire qu'il a fallu de plus qu'après la conception ce sang se portât facilement au lieu où il devoit nourrir le foetus : et comme dans les machines vivantes les tuyaux ne se conservent que par le passage des liqueurs sans quoi ils se bouchent ou s'affaissent et cessent d'être tuyaux, il auroit fallu que le sang se tînt toujours des routes ouvertes pour arriver à la matrice, quand il en seroit besoin. Mais quand les femmes ne sont pas grosses, il a été nécessaire qu'elles se soulageassent du superflu de leur sang: et il seroit vraisemblable que la nature a établi que ce superflu s'en allât par la matrice, non seulement afin de les en soulager mais encore afin que les routes du sang fussent toujours bien préparées à le recevoir dans les temps de grossesse. Ce seroit là le dessein des règles des femmes. (...)"

Décapitation des escargots

Le XVIIIe siècle s'est passionné pour les expériences de décapitation des escargots. Elles visaient à savoir si la tête coupée du gastéropode pouvait repousser.
Spallanzani, Voltaire, Bonnet. "Les résultats obtenus furent franchement discordants, nous informe l'historien des sciences Jean Rostand, au point que deux camps ne tardèrent pas à se former : partisans et adversaires de la régénération."
Le R.P Élie explique le phénomène de la régénération de la tête de l'escargot : "Une âme étant si subtile qu'il en tiendrait 10 000 sur une puce, il arrive qu'aussitôt que la tête de la limace a été coupée, l'âme s'enfuit à son derrière, et y reste jusqu'à ce que la tête se soit reproduite ; alors elle reprend son ancien domicile".
D'après ROSTAND Jean, Les origines de la Biologie expérimentale et l'Abbé Spallanzani, Paris, Fasquelle, 1951.

Bernardin de St-Pierre

Bernardin-de-St-Pierre (1737 - 1814)

Explication du phénomène des marées par Bernardin de St-Pierre :

Les "glaces qui s'écoulent avec tant de rapidité au nord de l'Amérique et de l'Europe, vers le mois de juillet et d'août, contribuent à nous donner les grandes marées de l'équinoxe de septembre, et que lorsque leurs effusions s'arrêtent dans le mois d'octobre, c'est aussi le temps où nos marées commencent à diminuer. (...) Pour moi, je considère les deux hémisphères de la terre comme deux montagnes qui sont jointes ensemble sous la Ligne (l'équateur), les pôles comme les sommets glacés de ces montagnes, et les mers comme des fleuves qui découlent de ces sommets."

Pluie de Crapauds

"Au mois d'Août 1804, j'étais dans la diligence d'Albi à Toulouse. Vers 4 h de l'après-midi (...) à 3 lieues de Toulouse (...) la diligence eut bientôt atteint le lieu où le nuage avait crevé, et c'est là que nous fûmes témoins d'un phénomène bien rare et bien extraordinaire. La grande route et tous les champs qui la longeaient étaient jonchés de crapauds (...) Les pieds des chevaux et les roues de la voiture en écrasaient plusieurs. Certains voyageurs voulaient fermer les stores, afin de les empêcher d'entrer dans la voiture : leurs bonds devaient le faire craindre." (Le 11 juillet 1836 : Extrait d'une lettre de M. Pontus, professeur à Cahors, à Mr Arago).
Selon Théophraste (IVe sècle avant J.-C.) les crapauds ne tombent pas avec la pluie, mais c'est la pluie qui les fait sortir de terre.

Leçon de morale numéro 38, dans un vieux manuel de 1913

"Les animaux rendent à l'homme de précieux services. Il a donc envers eux des devoirs. La raison et la liberté font de l'homme le roi de la création : tous les êtres sont au-dessous de lui. Mais il ne faut pas qu'il soit un souverain tyrannique et sans coeur. Il doit se montrer particulièrement bon pour les animaux domestiques, qui sont ses auxiliaires et presque ses amis. En conscience, et aussi dans son intérêt, il doit les bien nourrir et les entourer de soins (...). Ne soyez pas de ceux qui prennent plaisir à faire souffrir les animaux. L'homme a le droit de tuer les animaux pour son alimentation ou pour préserver sa vie."

Les couleuvres du fond de la classe qui n'ont pas appris leur leçon de morale recevront dix coups de bâton.

Pour rire des hommes du siècle dernier

France-Inter, le 01-10-1999 : La sonde de la NASA, s'est écrasée sur Mars parce que deux équipes de la NASA ont utilisé des unités différentes : l'une a utilisé des mesures anglaises, l'autre le système métrique.

"... Ces insupportables pédants ... qui prennent pour la vraie science un vain étalage de mots." Gabriel Compayré, Histoire critique des doctrines de l'Éducation en France, Hachette, 1880, p.68.