Girafe cornes

Je suis la giraf(f)e - I am the giraffe - De camelopardali

Girafe selon Belon * Girafe selon Martinet * Girafe selon De Sève * Girafe Texte de Pline l'Ancien

Girafe de GesnerDe gauche à droite :
1) dessinée et publiée en 1555 dans un ouvrage intitulé Les observations de plusieurs singularités et choses mémorables de Pierre Belon, naturaliste sarthois.
2) La girafe de Martinet pour Diderot en 1768
3) La girafe dessinée par De Sève pour Buffon en 1776
4) La Girafe aujourd'hui
5) Ci-contre, la girafe de Conrad Gesner en 1560

Un seul des 4 dessinateurs avait vu une girafe au Caire. A vous de savoir lequel !
Petite remarque à tous ceux qui écrivent giraffe avec deux ff : je vous donnerais facilement raison, car c'est comme cela que ça s'écrivait entre le 16e et le 18e siècle, et que ça s'écrit encore aujourd'hui en anglais.

HARTENBERGER Jean-Louis, La girafe arrive, in "Pour La Science", collection "Les génies de la science", numero 22, février - mai 2005, p. 38.

C.plinii secundi, Historium mundi, Liber VIII : Terrestrium animalium naturae
De camelopardali : quando primum Romae visa.

XXVII. Harum aliqua similitudo in duo transfertur animalia : nabum Aethiopes vocant, collo similem equo, pedibus et cruribus bovi, camelo capite, albis maculis rutilum colorem distinguentibus, unde appellata camelopardalis, dictatoris Caesaris Circensibus ludis primum visa Romae. Ex eo subinde cernitur, aspectu magis, quam feritate, conspicua : quare etiam ovis ferae nomen invenit.

Traduction Grandsagne : Histoire naturelle de Pline, Livre VIII : Animaux terrestres : leurs caractères
De la girafe : quand la première parût à Rome.

XXVII. On trouve à deux autres animaux quelques rapports avec le chameau. L'un est celui que les Éthiopiens appellent nabus. Il a l'encolure du cheval, les pieds et les jambes du boeuf, la tête du chameau, des taches blanches semées sur un fond rougeâtre, d'où lui vient le nom de camélopard. Rome en vit un pour la première fois aux jeux du cirque donnés par le dictateur César. Depuis, on en voit de temps en temps. La forme de cet animal est plus sauvage que son caractère ; c'est pourquoi on l'a aussi nommé brebis sauvage.

La traduction d'Émile Littré

XXVII. Une certaine ressemblance avec le chameau se trouve dans deux animaux : l'un d'eux est appelé nabu (girafe) par les Éthiopiens; il a l'encolure du cheval, les pieds et les jambes du boeuf, la tête du chameau, et des taches blanches semées sur un fond de couleur fauve, ce qui lui a fait donner le nom de camelopardalis. La premiers girafe a été vue a Rome lors des jeux du cirque donnés par le dictateur César (an de Rome 708); depuis, on en voit de temps en temps. Cet animal est plus remarquable par un aspect extraordinaire que par un naturel farouche; aussi a-t-il reçu le nom de mouton sauvage.

Lien externe : L'Histoire Naturelle de Pline l'Ancien par Littré

Encyclopédie de DIDEROT, Article : GIRAFFE, Tome septième , 1757 :

GIRAFFE : Animal quadrupède. Les Arabes le nomme Zurnapa, les Latins l'appeloient "Camelopardalis", parce que sa peau est parsemée de taches comme celle du Léopard & qu'il a le cou long comme un Chameau. Belon a vu une giraffe au Caire, qui étoit très-belle et fort douce ; sa tête ressemblait à celle d'un cerf quoi que moins grosse; Elle avoit de petites cornes mousses, longues de 6 travers de doigts & couvertes de poil, celles de la femelle sont plus courtes. Cette giraffe avoit des oreilles grandes comme celles d'une vache (…). Cet animal a des attitudes de chameau et se couche sur le ventre (…). Il a beaucoup de peine à baisser la tête jusqu'à terre ; mais au contraire il a beaucoup de facilités pour atteinre aux branches des arbres parce que les jambes de devant et le cou sont fort longs. Sa hauteur étoit de 16 piés jusqu'au dessus de la tête.

LAMARCK, Philosophie zoologique, 1809, chap. VII :

"La girafe : On sait que cet animal, le plus grand des mammifères, habite l'intérieur de l'Afrique, et qu'il vit dans des lieux où la terre, presque toujours aride et sans herbage, l'oblige de brouter le feuillage des arbres et de s'efforcer continuellement d'y atteindre. Il est résulté de cette habitude, soutenue, depuis longtemps, dans tous les individus de sa race, que les jambes de devant sont devenues plus longues que celles de derrière..."
Darwin, Origine des espèces, 1859, chap. VII :La faculté de brouter au-dessus de la hauteur moyenne, et la destruction (des individus) qui ne peuvent pas atteindre à la même hauteur, auraient suffi à produire ce quadrupède remarquable."

Page créée le 12-11-1997