Georges-Louis Leclerc Comte de Buffon (1707-1788)

Hérault de Séchelles reçoit les confidences de Buffon à la fin de sa vie

buffon

Marie-Jean Hérault de Séchelles, Voyage à Montbard, 1785 :
Je tiens de M. de Buffon qu'il a pour principe de respecter la religion ; qu'il en faut une au peuple ; que dans les petites villes on est observé de tout le monde, et qu'il ne faut choquer personne. "Je suis persuadé, me disoit-il, que, dans vos discours, vous avez soin de ne rien avancer qui puisse être remarqué à cet égard. J'ai toujours eu la même attention dans mes livres ; je ne les ai fait paroître que les uns après les autres, afin que les hommes ordinaires ne puissent pas saisir la chaîne de mes idées. J'ai toujours nommé le Créateur ; mais il n'y a qu'à ôter ce mot, et mettre naturellement à la place la puissance de la nature, qui résulte des deux grandes lois, l'attraction et l'impulsion. Quand la Sorbonne m'a fait des chicanes, je n'ai fait aucune difficulté de lui donner toutes les satisfactions qu'elle a pu désirer : ce n'est qu'un persiflage ; mais les hommes sont assez sots pour s'en contenter."

Bibliographie et wébographie :
Marie-Jean Hérault de Séchelles, Voyage à Montbard (1785) , Gallimard 2007.
Buffon, Histoire Naturelle, Choix et préface de Jean Varloot, Gallimard, 1984, p.293.
Texte intégral en ligne de Hérault de Séchelles, Voyage à Montbard.
Buffon, Œuvres complètes de Buffon, suivies de ses continuateurs, Bruxelles, Éd. Lejeune, 1833.
Buffon, Œuvres complètes de Buffon, par M. Richard, Pourrat, 1837.
Bicentenaire : Buffon, 1788-1988, Imprimerie Nationale, 1988.
Buffon, Les oiseaux, Éd. Molière, sd.