Le sanglier selon Jacques Du Fouilloux - 1585

Sanglier

Sanglier - Sus scrofa, famille des Suidés

1 2 3

Bibliographie : La vénerie de Jacques Du Fouilloux, A Paris, Pour Abel l'Angellier, 1585, p.118, chapitre XLVI.

Destruction de patrimoine

Jacques Du Fouilloux était un amateur de chasse du XVIe siècle. Il vivait dans un château situé sur l'actuelle commune de Bouillé-Courdault, près de Maillezais en Vendée. Hélas, en visite dans les années 90, je n'y ai vu que quelques pans de murs et habitation mal restaurée. C'est un exemple type de destruction de patrimoine relatée par Ouest-France 09-08-1989 : "Sur la route qui mène de Bouillé-Courdault à Maillezais, un panneau indique 'lieu-dit Le Château'. En fait de château il n'y a plus que des pans de mur sur lesquels le lierre grimpe allègrement. Malheureusement cet édifice avait bien une valeur historique.. La seigneurerie est supposée avoir été créée au Xe siècle. Le château a été reconstruit en grande partie en 1557 par Jacques Du Fouilloux, Seigneur de ces lieux.. Aujourd'hui, rien de tout cela n'existe plus, ses propriétaires impuissants ne peuvent que donner l'explication de sa disparition : 'Losque mon père a acheté le château, il y a un soixantaine d'années, il y avait de gros travaux de rénovation à financer'. M. xxx tenta alors auprès des pouvoirs publics de faire classer le château.. Une démarche qui resta sans suite. 'Alors mon père s'est résolu à démolir.."
NB : L'actuel château de Bouillé-Courdault ne correspond pas à celui de Jacques Du Fouilloux, qui a donc été détruit pour récupérer la pierre en 1939. Jacques Du Fouilloux serait né en 1519 au château du Fouilloux à Saint-Martin-du-Fouilloux près de Parthenay dans les Deux-Sèvres.

Insolite : Le 8 mars 2011, un sanglier pénètre dans le salon de coiffure d'un centre commercial à Frouard (54390) près de Nancy. Une journée de la femme dont les clientes se souviendront !

Notes d'un naturaliste amateur

"Le cochon et le sanglier - le cochon est un produit cultivé tandis que le sanglier pousse tout seul. Le cochon ne s'écarte guère de sa mangeoire, où il est assuré de trouver force bonnes épluchures, et le sanglier quête à travers les bois illuminés de couleurs automnales, car il est lyrique, les glands savoureux, les racines fraîches et les amanites sanglières qui sont, comme leur nom l'indique, un champignon réservé à son usage. Le cochon a de la graisse, le sanglier du muscle. La peau du cochon est épaisse mais sensible ; celle du sanglier, hérissée de crins poussiéreux, certes mais fort nobles, résiste à des horions extrêmement sévères, voire acérés, voires acérés si l'on ose dire. Naturellement, le cochon mène une vie plus tranquille, dort sous un toit qui fuit le moins possible - car c'est un animal qui se vend régulièrement et une des nécessité du commerce est de présenter un produit de qualité constante, quasi normalisée - , se lave parfois - il est moins sale qu'on veut le dire - et préside, lorsqu'il est vraiment devenu un très gros cochon, à des cérémonies païennes dénommées concours agricoles à l'issue desquelles après l'avoir embrassé, cajolé, décoré de la Légion d'honneur et proclamé très gros et très grand, on l'immole d'un tranche-lard perfide et on te vous le débite au cours du jour. Le sanglier finit parfois aussi misérablement sur un étal, mais jusqu'à son heure ultime, il résiste ; et il a souvent la joie posthume de se voir exposé intact avec tous ses poils, chez Chatriot ou en quelque autre lieu de luxe ; car le sanglier ne quitte guère l'empyrée. Jusqu'à son dernier jour, il lui reste la possibilité de se suicider en se lançant contre une automobile... Le cochon n'a guère le loisir que de décorer de son effigie la vitrine d'un charcutier aussi gras que lui même." (Boris VIAN, Textes et chansons, Julliard, 1966, p.35)