Cascade

Pourquoi y a-t-il tant de touristes à gâcher mes paysages ?

Le touriste a une volonté louable de comprendre le monde tel qu'il est et dans toute son authenticité, mais ce faisant, il le transforme lui-même. Voici donc le paradoxe : le touriste voudrait visiter le monde sans les touristes !.
"Le tourisme de masse s'est developpé à partir des années 1950 avec l'allongement des congés payés, la démocratisation progressive du transport aérien et la montée des classes moyennes. Quand la guerre froide a pris fin, au tournant des années 1990, la quasi totalité du monde s'est ouverte au tourisme, en faisant la troisième industrie mondiale. Alors qu'ils n'étaient que 25 millions en 1950, les touristes sont aujourd'hui plus de 800 millions..."
"Il faut désormais au touriste du sens, de l'authenticité... tout l'art du voyagiste est de savoir la fabriquer."
(Sciences humaines n°174, août-sept. 2006, p.28).

"Le touriste aime à se faire peur. Le talent de ceux qui sont chargés de le divertir consiste à lui faire croire qu'il est un véritable aventurier... sans toutefois lui faire prendre le moindre risque." (BRUNEL Sylvie, La planète disneylandisée, Sciences humaines Éditions, 2006, p.94).

La Sirène de Copenhague

"Au mois d'août, c'est la liberté. Ils vont polluer toutes les plages et par leur unique présence abîmer tous les paysages." (Renaud, Hexagone, 1975)

"S'il fallait attribuer la palme des extinctions (d'espèces), c'est sans doute aux Îles Hawaii qu'on la decernerait. On y connaît 273 espèces éteintes... Lourd tribut payé à l'image d'îles paradisiaques à très forte pression touristique..." (Jean-Marie Pelt, Plantes en péril, fayard, 1997, p.71)

"Je hais les voyages et les explorateurs" (Claude Lévi-Strauss).

"Si les aborigènes ont été parqués dans des réserves à l'intérieur du pays, leur artisanat fait recette... Toujours efficace et pragmatique, l'industrie internationale du tourisme fait donc fabriquer en Chine de petits didgeridoos miniatures..." (Sylvie BRUNEL)